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Dans la vie frot pas s'en faire ...

Dans la vie frot pas s'en faire ...
Dinard. Sa plage, ses anglais, son casino, ses Jaguar & Rolls et son trottoir maléfique. On trouve en effet place des martyrs, en face de l'esplanade des malchanceux l'endroit de mes souffrances. Mes chevilles enflées au figuré se sont cassées proprement.

C'est donc sur béquilles et avec un plâtre à la couleur du Roy que j'arrive dans la station balnéaire accompagné de ma fidèle amie Karine qui a eu pitié de mon état et qui n'a pas bronchée pour venir me chercher. Non sans avoir fait expérience du seul raccourci de France qui est trois fois plus long que la route normale.

Mon infirmité passagère me rend dépendant et je suis totalement à la merci de mes conducteurs. Un mot déplacé sur Fight Club, une blague ratée sur Elodie Frégé ou pire une attaque sur Quentin Mosimann et je risque le débarquement immédiat en pleine campagne et pire que de devoir effectuer 50 kilomètres en béquilles ... de rater Catherine Frot.

L'attente dans le cinéma est brève puisqu'à peine ais-je réussit à trouver un banc que l'actrice arrive, toute souriante. Je décide alors de ne pas tenter d'approcher et d'attendre la fin de la séance. Bien mal m'en a pris puisque le débat qui suit le film va durer 30 minutes. Mes compagnons de chasse réclament pitance et il s'en est fallut de peu pour que Karine me raconte dans les moindres détails un livre de Marc Levy (auquel cas je n'aurais eu d'autre choix que de me suicider à coup de béquilles) et que Paul se transforme littéralement en Wall.e (le dernier personnage Pixar).

Le moral revient quand nous voyons les spectateurs sortirent : à croire que les foyers logements des alentours avaient organisés une grande sortie cinéma. D'un coup je me dis que même avec une cheville cassée, nous serons à armes égales niveau endurance. J'approche donc en titubant la dame. Procédure habituelle : autographe et photo. Très timide, l'actrice n'en est pas moins extrêmement sympathique et disponible.

Ces plaisanteries sur mon état de quasi-dépendance cachent pourtant une série d'infortunes et cette soirée m'a sortie de mon quotidien blafard, et m'a permis de démonter la célèbre pensée de Montherlant. Non le malheur ne se soigne pas avec le malheur des autres, bien au contraire ...
# Posté le samedi 12 juillet 2008 09:34

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