Mais ce spectacle me lasse très vite et je donna ordre à mes valets de faire débarrasser le plancher à ces farfadets incompétents. Prenant mon fiacre le plus discret, je descendis me mêler au peuple. Le spectacle des troubadours étant terminé, j'entrepris d'approcher de plus près le chef des saltimbanques, un dénommé Yvan Le Bolloch, originaire comme ma personne du duché de Bretagne, mais ayant fuit une révolte des Chouans pour partit exercer ses talents à la capitale du Royaume.
Je m'adresse à un manant qui sortait et lui demande si il sait où je puis trouver le susnommé. Que nenni, ce fourbe villageois ne m'indique que très vaguement un lieu auquel je me rends tout de même. Et là, surprise générale : une véritable taverne, truffée de villageois en train de faire la fête.
Les troubadours signent de leurs plumes des cartes et des parchemins. Par prudence j'en avais un sur moi. Le Bolloch me salue comme un palefrenier et m'écrit un gentil mot. Il apparaît plutôt gentil et souriant. Fourberie ! Ruse de coquin ! L'homme ne l'est pas réellement et s'est employé à me le démontrer par la suite.
Un temps passe et le forban daigne accorder quelques clichés à ses admirateurs s'il en fut. Il rechigne un peu, se comporte comme un seigneur qu'il n'est pas mais je parviens tout de même par espièglerie à me hisser à ses côtés, sur une photo de groupe ridicule. Je retente ma chance un peu plus loin, sans succès, ce gueux étant pressé de partir.
La suite me donne raison. Quelques villageois et ma personne l'attendent dehors, au milieu de son groupe de troubadours forts gentils. Il apparaît avec un calumet à la bouche et un sourire prétentieux. Une photo est accordée à des jeunes écuyers et je me hisse à nouveau à ses côtés. On voit son regard fuyant, résumant tout de lui. Mauvaise rencontre donc. Tel il m'en coûta de descendre au village et espérer une entrevue intéressante.
