J'achète donc le livre qui va me permettre d'acquérir la signature de la belle, entouré d'une jeune femme tenant à la main une rose comme un septre, et un homme affublé d'une écharpe rouge, à la François Mitterrand. Autant dire que le climat est houleux pour moi, mais la perspective de rencontrer Ségolène Royal le lendemain du président de la République m'excite particulièrement, d'autant que je suis sûr d'avoir la précieuse signature (que je n'ai pas obtenue de Sarkozy, du moins ... pas encore !)
La charmante femme arrive, entourée d'une jolie meute de journalistes qui investissent la librairie qui ressemble alors à un studio de télévision. Ségolène, d'une classe irréprochable et d'une gentillesse sincère s'installe et commence à dédicacer ses ouvrages. Je suis dans la file d'attente, neutre, le regard impassible, sentant presque en moi monter la ferveur socialiste, cette envie de rechercher une justice sociale, de combattre les inégalités et les exploitations en tout genre, cette envie que la société soit égalitaire, sans conflits de classe. Oui camarades, unissons nous tous pour l'égalité et ... et ... et reprenons le fil de notre récit. Pardonnez moi cet accès de folie.
Je suis tout de même très heureux de serrer la main de Ségolène Royal qui me fait un joli sourire, pouvant me faire replonger à tout instant dans les idéaux de gauche. Je me rechante alors en boucle "Le temps des colonies" de Michel Sardou et tout rentre dans l'ordre. Je pars satisfait de cette rencontre et continue même à remplir ma carte mémoire de photos et de films.
Accompagné de mon ami socialiste Jonathan, je me rends même dans une salle quelques temps plus tard, où Ségolène doit disserter sur sa vision de l'avenir de la France. Beaucoup auraient rient de me voir là, au milieu de gens décriant la droite et ses principes. Mais tous rieront à me voir poser aux côtés de Ségolène Royal. Pour ma défense, je dirai qu'il s'agissait d'une personnalité, et je les place toutes sur un pied d'égalité, sans les juger (sinon une collection n'a plus d'intérêt). Et puis comment être insensible à tant de charme ? La pire des chansons de Michel Sardou n'y peut rien ...
