Il est des instants qui restent gravés à jamais dans une vie, des moments si intenses que l'on en oublie presque la réalité. Et ce jour là j'avais un oral d'histoire antique, autant dire que la réalité était sévère. Pourtant l'espace d'une heure, je fus transposé ailleurs, aux côtés du président de la République, Nicolas Sarkozy.
Le chef de l'état faisait le déplacement pour apportient son soutient aux familles des victimes du nauvrage de "La P'tite Julie". L'occasion pour la ville de Pléneuf de se transformer en Troie et moi en cheval, rusant pour m'approcher au plus près du président. Malheureusement mon odyssée ne fut pas celle d'Ulysse et les gendarmes n'eurent pas de problèmes à repérer mon talon d'Achille : je n'étais ni journaliste ni gendarme.
Impossible donc de rentrer où que ce soit, ni même d'approcher quoique ce soit, sinon des barrières, se métamorphosant alors dans mon esprit en redoutables Hauts Murs d'Athènes. Un seul cliché volé témoigne du fait que j'ai vu Monsieur Sarkozy. Et à chaque fois que sa voiture apparaissait, la même gentillesse de saluer le public.
Nous fûmes quelques uns à suivre le chef de l'Etat tout le long de son parcours, et je pense pouvoir dire que nous sommes tous repartis avec un grand sourire, heureux comme des rois d'avoir vu le premier des français. Certes, la photo présentée n'a pas plus d'intérêt que l'expédition de Sicile de 415, et j'aurais pu avoir de biens meilleurs clichés si un(e) Alcibiade n'avait pas omis de me signaler sa présence. "La confiance d'accord, mais c'est quand même ce qui fait les cocus !" (J.A. Bernier)
Merci à Pierre-Marie le socialiste d'avoir affronté Nicolas Sarkozy pour me tenir compagnie. "C'est dans l'adversité que se révèlent les vrais amis" (Cicéron).
