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Apparences, préjugés, froid et lumière dans la nuit ...

Apparences, préjugés, froid et lumière dans la nuit ...
Une belle rencontre était à prévoir avec la venue au multiplex de Saint-Brieuc de la grande actrice française Carole Bouquet. Assez rare en télé, au cinéma et en promotion, c'est donc un événement à ne pas rater.

Réputée froide et inaccessible, je décide de me préparer mentalement en me faisant des réserves de rires. Pour ce, je regarde la fameuse scène de Grosse Fatigue où elle déclare à un Michel Blanc troublé : Si tu savais comme j'en ai marre d'être une femme glacée, inaccessible. Moi je rêvais de garçons en sueur et de fête de l'huma, je rêvais qu'on me bouscule. A la télé on me prend en photo, on ne me bouscule pas. Oh Michel bouscule moi, manque moi de respect ! Qu'est-ce que j'ai de moins que Balasko putain ? Vas-y salaud, prends moi comme une ouvrière.

Le coeur léger et l'appareil photo rechargé j'arrive au cinéma où je retrouve ma complice Karine. Fort heureusement qu'elle est là, accompagnée de toute sa famille, car l'attente va être longue. Carole Bouquet est déjà arrivée et ne semble pas prête à descendre. Et quand elle s'y décide finalement, son staff nous pointe délicatement du doigt, d'un air de dire "Warning ! Chasseurs d'autographes !". Elle emprunte donc un chemin détourné pour se rendre dans la salle. Aïe ! L'image de femme froide et inaccessible se confirme, d'autant que la belle n'arbore pas le moindre sourire.

Un ouvreur au physique d'Hulk et à l'ouverture d'esprit aussi large qu'une route de campagne de centre Bretagne nous gratifie de ses pensées ô combien philosophiques et argumentées "Elle est fatiguée, elle signera pas ! Même nous elle ne veut pas me signer." On notera la qualité de la dernière phrase. Et que n'ais-je pas fait de rétorquer "Vous ne savez pas par où elle va sortir ?". Le poète me rétorque "T'es accro toi !". Mon désir aurait été de lui donner l'adresse de mon blog comme un préfet donne sa carte de visite à un gendarme débutant qui vient de le sanctionner pour excès de vitesse. Mais par pur mépris de son oeuvre, nous préferons sortir.

On apprend par la suite qu'elle est en train de signer et de faire des photos dans la salle. Point positif, c'est qu'elle ne doit pas être si inaccessible que ça. Et cela se confirme quand elle sort dans le hall. Après un petit sprint où je me révèle meilleur courreur que Karine, elle nous signe gentiment nos photos mais est vite entraînée à l'extérieur par son entourage.

Dehors je me dis qu'il est trop tard puisqu'elle est montée dans sa voiture. Je m'avance d'un pas léger en demandant au directeur du cinéma si il ne pourrait pas me prendre en photo avec la miss. Celui-ci accepte puisque Carole Bouquet a accepté aussi en souriant. Je monte donc dans la voiture, suivis de bien près par ma collègue chasseuse d'autographes. Ainsi donc dans le froid glacial, nous aurons pu réaliser notre souhait. Et au milieu de cette nuit sans espoirs, le flash de notre appareil photo aurait fait effet d'illumination céleste - ou de bonheur - dans l'obscurité de notre appréhension face à l'actrice, et de cette nuit de décembre. En somme un cadeau de noël avant l'heure ...
# Posté le vendredi 07 décembre 2007 11:12
Modifié le vendredi 07 décembre 2007 11:27

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